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Rue des Relookeurs : Le Blog : Comment consommer local en France ?

Comment consommer local en France ?

publié le 14/09/2015 par

Historiquement connus, les circuits courts connaissent un engouement fort avec la favorisation du consommer local dans le secteur alimentaire (que ce soit issu d’une agriculture raisonnée ou biologique). Nous observons maintenant que la démarche du « produisons et consommons local » s'applique à de nouveaux secteurs en plus de l’alimentaire comme l’habitat, la santé, la beauté…

Aussi, notre initiative Rue des relookeurs et Achetons Local se positionne comme le guide de la consommation locale au sens large grâce au réseau de fabricants et producteurs locaux présents sur www.achetons-local.com

 

La consommation locale : un mode de consommation en essor

Le localisme "ouvert" de RDR et AL consiste à privilégier des produits locaux sans toutefois se fixer des limites frontalières. Favoriser les productions de proximité, c'est soutenir les emplois locaux et développer la cohésion sociale, réduire les transports subis par les aliments et produits manufacturés et responsabiliser chaque vendeur ou acheteur sur ces valeurs.

En consommant local nous bénéficions d’une alimentation saine grâce à des fruits et légumes frais, d’une bonne qualité gustative et avec une traçabilité bien définie. Les circuits courts permettent aussi de pouvoir soutenir l’économie d'un territoire, créer un véritable lien social entre producteur et acheteur tout en réduisant l’impact écologique des marchandises. C’est ainsi que l’on tend depuis quelques années vers un modèle de consommation éco-citoyen dans lequel le goût et l’origine sont à l’honneur.

 
Photographie FlikR libre de droits
Photographie FlikR libre de droits
 

Un maillage du territoire par les circuits courts

Des réseaux d’AMAP [1] (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) proposent des paniers fraîcheurs /paysan /fermier. Chaque « amapien » s’engage à acheter à des producteurslocaux une sélection de fruits et légumes (mais aussi de la viande et des laitages parfois), frais et de saison différents chaque semaine. L'AMAP est un contrat solidaire, basé sur un engagement financier des consommateurs, qui paient à l’avance la totalité de leur consommation sur une période définie (la « saison ») [2]. Ce système fonctionne donc sur le principe de la confiance et de la responsabilité du consommateur [2].

Aussi, des points de vente collectifs (PVC) se développent et réunissent différents producteurs vendant en direct. Ils sont gérés collectivement et indépendamment par eux-mêmes. L’avantage est d’avoir toujours quelqu’un à la vente et que les stocks soient gérés directement par les exploitants.

La Ruche qui dit Oui [3] fonctionne par points relais en contact direct avec le producteur chez un particulier. Il y a 222 ruches en France et presque autant en cours de construction. De nombreux besoins alimentaires sont couverts puisque l’on retrouve des fruits et légumes, des viandes, du pain, de la crèmerie, des boissons (vins mais pas que), produits de la mer, etc. On retrouve aussi quelques produits pour les loisirs et l’habitat.

Plus récemment une initiative numérique propulsée par la Chambre d’Agriculture de la Gironde permet de faire ses courses sur le net puis, d’aller les chercher tout en rencontrant quelques producteurs : le succès du Drive Fermier [4] fut immédiat avec beaucoup d’inscrits et des ouvertures de plusieurs points de retraits rapides en peu de temps (trois en six mois). Les motifs de satisfaction pour toutes les parties sont nombreux puisque l’on recrée du contact entre producteurs et consommateurs, l’économie locale est dynamisée et on sait d’où viennent les produits. Même si ces derniers ne sont pas tous issus de l’Agriculture Biologique, ils sont en accord avec les principes du développement durable et donc, celles des Agendas 21 (qui est un plan d’action pour le 21ème siècle adopté par les chefs d’états lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 pour des initiatives durables appliquées à divers secteurs).

 

Des savoirs (-faire) échangés et non achetés

Cette tendance ne s’arrête pas seulement à l’alimentaire puisque le Système d’Echange Local [5] (SEL) est une façon de permuter les savoirs, créations mais aussi tout ce qui est possible et imaginable sans argent. La valeur transactionnelle est celle de l’unité (60 unités représentent 1 heure d'échange de savoir ou de service). Il n’y a pas de hiérarchie entre les services proposés (1 heure de cours de guitare vaut 1 heure de cours de cuisine par exemple) et cela est ouvert à tous. Les SELs fonctionnent par réseaux et notamment grâce à la publication d’un annuaire.

La confiance des consommateurs envers les grandes entreprises diminue. C’est pourquoi, il y a nécessité de les rassurer sur les caractéristiques fondamentales des produits vendus comme la sécurité, la traçabilité ainsi que la qualité. Une étude sur les français et la consommation responsable en 2013, de l’agence de conseil en développement et marketing durable Ethicity révèle que 48% des individus estiment que ce sont les individus eux-mêmes qui sont les acteurs les plus importants pour agir en faveur du développement durable, devant les états, les organismes internationaux ou les entreprises. Fait important : 24% agissent au service de leurs convictions à travers leurs achats ce qui prouve que l’acte de consommation reste responsable et engagé. En somme, la confiance et la relation établie sont des facteurs de succès de la vente en circuits courts.

Le guide pour consommer bio et locale en France
Guide de la consommation locale

  

L’outil majeur du localiste : le réseau de fabricants locaux Achetons Local

Notre site web innovant s’adressant à tous ce qui souhaitent savoir ce qui est fabriqué près de chez eux. Achetons Local référence depuis fin 2012, les fabricants locaux d’une grande diversité de produits. Les régions du Sud-Ouest ont été les premières concernées, mais l’ambition d’Achetons Local est de couvrir l’ensemble du territoire français…pour commencer.

Notre initiative répond répond à un besoin des consommateurs d'en savoir plus sur les modalités de confection des produits. Ils considèrent à 80% [6] que les entreprises ne communiquent pas assez sur les conditions de fabrication de leurs produits. Ils veulent aussi en apprendre plus sur l’origine des matières premières et le lieu de fabrication (88% des consommateurs français déclarent privilégier les entreprises qui ont préservé une implantation locale). Les professionnels présents sur le site doivent répondre à la Charte Achetons Local dont les points principaux sont les suivants : l’étape principale de fabrication doit être locale et l’origine des matières-premières utilisés doit être communiquée.

Vitrailliste et créatrice de luminaires en Aquitaine Coutellier en Gironde
    Vitrailliste et créatrice de luminaires en Aquitaine                                      Coutellier en Gironde
 

Le consommateur trouve un certain nombre de besoins couverts (savon et textile biologique, ameublement, articles de loisirs et de puériculture jusqu’aux bijoux) ainsi qu’une navigation simplifiée grâce à la géolocalisation précise du producteur local. Ce dernier valorise ses produits, son savoir-faire et accroît sa notoriété sur son marché proche et cela tout en dégageant une image basée sur la transparence. Au final, le but est de mutualiser au maximum la communication de fabricants et producteurs souvent de trop petite taille pour avoir les moyens de se faire efficacement connaître sur la « toile ». Le positionnement de www.achetons-local.com  en fait donc le premier réseau et guide de la consommation locale.

L’équipe d’Achetons-Local a aussi pour ambition projet de chiffrer les impacts écologiques et économiques de la consommation locale en France. De nombreux indicateurs sont utiles afin de calculer l’impact sur le territoire. On peut par exemple relever le chiffre d’affaires, le nombre d’emplois et la part de consommation en circuits-courts/produits locaux dans la consommation du territoire. Plus nous consommerons des produits fabriqués localement, plus le bénéfice au territoire sera important et l’argent encaissé par le producteur sera réinvesti localement. En ce qui concerne les indicateurs écologiques, ils sont tout aussi nombreux.

 

Lorsque durabilité rime avec diversité

Venant d’outre-Atlantique les leaders du mode de consommation localiste tendent à s’étendre et à développer une économie plus locale grâce à un réseau de plus de 30000 entrepreneurs [7] connu sous le nom de BALLE (Business Alliance for Living Local Economies/Alliance d’Entreprises pour des Economies Locales Vivantes). Ils touchent à tous les secteurs d’activité. Trois stratégies gagnantes qui permettent de renforcer et pérenniser le territoire sont évoquées par Michael H. Shuman [8] qui en est le co-fondateur :

-        Le développement des emplois des entreprises qui sont possédées, dirigées localement et indépendantes.

-        L’accroissement de la diversité de l’économielocale. Elle permet de faire face à la demande dans sa variété et de renforcer les facteurs humains et matériels pour ainsi s’adapter aux évolutions.

-        Finie l’obsession de la rentabilité à court terme ! La valorisation des entreprises accédant au « triple résultat » va permettre de les essaimer et d’en augmenter le nombre. Il s’agit d’une manière nouvelle d’évaluer la réussite des entreprises sur trois fronts: les aspects financiers, humains et environnementaux.

-       Force est de constater que ces manœuvres sont complémentaires.

Nos modes de consommation actuels en Europe sont en train de suivre cette voie et ce n’est que le début d’une aventure « locale » et près de chez vous.


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